03/12/2025
[Agriculture] 🇨🇮 𝐒𝐞𝐦𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐧𝐢𝐨𝐜 : 𝐥𝐞 𝐂𝐍𝐑𝐀 𝐦𝐨𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐬𝐞 𝐬𝐚 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐠𝐫𝐚̂𝐜𝐞 𝐚𝐮 𝐬𝐨𝐮𝐭𝐢𝐞𝐧 𝐝𝐮 𝐏𝐃𝐂𝟐𝐕
Le Centre national de recherche agronomique (CNRA) de Bouaké renforce ses capacités de production de semences vivrières avec l’appui du Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Vivrières (PDC2V), financé par l’État de Côte d’Ivoire et la Banque mondiale. L’objectif : moderniser les techniques de multiplication du manioc afin de répondre à la demande croissante en semences de qualité, indispensables à la sécurité alimentaire nationale.
Grâce à de nouvelles infrastructures, notamment des laboratoires, des serres, des tunnels et des équipements spécialisés, le CNRA dispose désormais d’outils performants pour produire des plantules saines, indemnes de maladies et prêtes pour la mise en terre.
Au cœur de cette modernisation se trouve la culture in vitro (CIV), une technique présentée par le Dr Diby Konan, responsable du projet SAH (Hydroponie Semi-Autotrophe). Elle permet d’assainir les variétés locales avant leur multiplication dans un environnement contrôlé. En trois semaines, les plantules développent racines, tiges et feuilles, un délai considérablement réduit par rapport aux méthodes traditionnelles.
Sur le terrain, les boutures issues du champ semencier sont désinfectées, incubées puis repiquées dans un substrat organique local, élaboré à partir de matériaux carbonisés et de fiente de volaille. Cette combinaison stimule les micro-organismes bénéfiques et garantit la vigueur des jeunes plants. Selon le Dr Essis Brice, cette technique permet de gagner plus de deux mois sur le cycle de production. Une plantule peut désormais donner jusqu’à 50 nouvelles par an, contre 10 à 15 auparavant. Le CNRA affirme pouvoir produire jusqu’à cinq hectares de plantules par jour, selon le matériel végétal disponible.
Les chercheurs tiennent à rassurer : les plants obtenus ne sont pas des OGM, la législation ivoirienne interdisant d’ailleurs leur production. Il s’agit simplement d’un bouturage assisté en laboratoire, visant à accélérer et à sécuriser la multiplication.
En collaboration avec des producteurs pilotes, le CNRA teste actuellement ces innovations dans le cadre du PDC2V et du PNIA 2. Les premières observations montrent que certaines variétés, comme le Bocou 5, atteignent leur maturité en 10 à 11 mois au lieu de 12, sans perte de rendement.
Cette avancée technologique ouvre de nouvelles perspectives pour la filière manioc, tout en contribuant à renforcer la souveraineté alimentaire du pays.
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